Source : AFP
18 octobre 2009
"Total invente la destruction durable"
Source : AFP
11 octobre 2009
Le Dilemme de Sea Shepherd aux antipodes.
En octobre 2007, j'avais demandé à des milliers d'Australiens de voter pour Kevin Rudd et Peter Garrett du Parti Travailliste. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient promis de régler le problème de la chasse à la baleine dans l'Océan Austral. Ils ont dit qu'ils enverraient un bateau pour contrôler les activités illégales et qu'ils feraient un procès au Japon. À l'époque, ils n'avaient pas hésité à critiquer sévèrement l'ancien gouvernement d'Howard pour ne pas avoir suffisamment agi à ce sujet.
11 mars 2009
Ecologie: Jane Goodall dénonce la Chine
"Ces régions contenant des zones forestières non exploitées sont très tentantes, en particulier aujourd'hui pour la Chine, en raison de ses efforts désespérés pour assurer sa croissance économique", a-t-elle expliqué.
La Chine "a beaucoup d'entreprises au Congo-Brazzaville et est certainement présente en RDCongo", deux pays où la déforestation et l'activité humaine ont décimé les populations de primates.
28 décembre 2008
Round Up, une nouvelle étude sur la toxicité de quatre différentes formulations.
L'’association MDRGF demande aux autorités en charge de l’'évaluation des pesticides de réévaluer les diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants.
Pierre PICARD
En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
Source : Vôtre Santé
30 novembre 2008
Nouveau réseau social "vert"
Bonne surprise hier soir. Je viens de découvrir le nouveau réseau social du WWF. Il se nomme PLANETE ATTITUDE
En fait, c'est comme FACEBOOK, mais la cible visée est - "mass market" et + "info-écolo-attitude" et un poil plus CSP+.
Planète Attitude semble vouloir devenir une sorte de hub où convergent les actions pour l'environnement, les info. et les blogs vert.
Bonne initiative, dans l'air du temps et... utile !
18 mai 2008
Le fondateur d'Auchan traque les risques des OGM
Le fondateur et ancien patron d'Auchan s'invite dans le débat sur les OGM en lançant une étude scientifique sur leur impact. En exclusivité pour l'Expansion, il explique sa position.
Gérard Mulliez. Dans l’état actuel des connaissances, il faut les interdire. Il est évident que le principe de précaution doit s’appliquer. La situation est grave, je suis abasourdi par le manque de réflexion. On doit attendre d’être sûr de leur non-toxicité pour l’homme avant de diffuser ce type de produit auprès du plus grand nombre.
Doit-on vous ranger parmi les « anti » ?
Je ne suis pas contre par principe, mais je suis contre des décisions d'autorisation qui me semblent hâtives, étant donné le peu d’informations dont on dispose concernant l’impact des organismes génétiquement modifiés sur la santé humaine. Il ne faut pas que l’on se retrouve dans vingt ans avec des OGM partout, sans l’avoir voulu mais par le simple fait que le pollen se dissémine, et réaliser à ce moment là que ce n’est pas bon pour la santé. Je crois qu’il est temps que les ministres actuels se remémorent le scandale du sang contaminé. On est peut-être en train de recommencer la même chose. Le fait de dire que des Américains en mangent depuis dix ans n’est pas une preuve de non nocivité. Personne ne peut expliquer complètement le pourquoi des problèmes de santé spécifiques aux Etats-Unis, dont certains sont peut-être d’ailleurs en train de se développer sournoisement.
Que préconisez-vous ?
Des recherches indépendantes et transparentes. Les études publiées jusqu’ici n’ont pas été développés suffisamment longtemps, et elles sont partiellement diffusées et souvent financées, si ce n’est réalisées, par les industriels et les distributeurs d’OGM. Leur puissance de lobbying est énorme. Ils ont plus de gens à Bruxelles que n’importe qui d’autre. C’est pourquoi à travers, Consommateurs et entreprises responsables (Ceres), une association créée il y a un an et dont je suis le président d’honneur, nous allons financer de façon indépendante une étude de ce type. Nous en publierons les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs. Nous avons déjà récolté 200 000 euros auprès d’entreprises et de particuliers. Le protocole des études toxicologiques est défini et prêt à être mis en œuvre. On va bientôt démarrer.
Vous semblez très remonté contre les fabricants d’OGM…
Je refuse qu’une poignée de multinationales s’arroge le droit potentiel de décider du niveau de prix de l’alimentation mondiale, ce qui peut avoir comme conséquence d'affamer le monde. Il est tout à fait insupportable que les agriculteurs ne puissent pas conserver un stock de graines d’une année sur l’autre comme ils l’ont toujours fait, mais doivent acheter chaque année leurs semences aux distributeurs d’OGM. Pour le cultivateur d’un pays pauvre qui n’a pas le sou, c’est un réel problème de survie. Le doublement du prix du pétrole et du gaz en quelques années devrait nous faire réfléchir aux conséquences possibles d’une raréfaction du blé, du maïs, du soja et du riz.
Pourquoi avez-vous accepté d’être président d’honneur de cette association ?
Mon nom peut faire caisse de résonance. Car c’est bien de cela dont il s’agit aujourd’hui : informer le plus grand nombre de gens. Il faut alerter l’opinion publique, c’est le seul moyen pour faire changer les choses. Vous savez, j’ai passé 47 ans de ma vie à développer des hypermarchés pour vendre de moins en moins chers, de plus en plus de produits différents au plus grand nombre. Je veux pouvoir continuer à le faire sans risquer de menacer la santé de mes concitoyens. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai tenu à ce que les produits Auchan et Pouce soient exempts d’OGM.
02 mai 2008
07 mars 2008
PCB : les voyants passent au rouge.
WWF et l’Association Santé-Environnement Provence (ASEP), constituée de 300 médecins de la région ont lancé mardi leur propre étude d’imprégnation sur l’impact de la pollution aux PCB (polychlorobiphényles, ou pyralènes) dans le Rhône.
C’est la première étude en France sur les effets des PCB sur l’être humain.
Les PCB, huiles chimiques utilisées notamment dans les transformateurs électriques, ont été interdits en France en 1987 et reconnus cancérigènes. Ils font partie des POPs, polluants organiques persistants, douze substances chimiques hautement dangereuses répertoriées par l’ONU, autrement nommés les douze salopards.
Cet été les arrêtés d’interdiction de consommation des poissons se sont multipliés tout le long du fleuve. Dans la Seine, l’anguille est interdite à la consommation depuis janvier.
données BDNE 2000-2005
“Le plan de lutte gouvernemental contre les PCB présenté en février prévoie une série d’études d’imprégnations menées par le Ministère de la santé. Mais le gouvernement estime qu’on n’aura pas de résultats significatifs avant trois ans”, explique Guillaume Llorca, chargé d’investigation à WWF. “Le préfet des Bouches du Rhône lui-même a déclaré qu’on pouvait mener une étude plus rapidement. Comme les pouvoirs publics ne le font pas, nous avons décidé de nous en occuper nous-même.”
Un échantillon de 60 volontaires s’est prêté au test, divisés en trois groupes. Des riverains qui consomment du poisson d’eau douce, des riverains qui n’en consomment pas, et des gens qui ne vivent pas dans la région. “A l’annonce de notre étude, Nathalie Kosciusco Morizet a déclaré que ça n’était pas représentative de l’ensemble de la population française. C’est faux. Il y a un groupe contrôle. Je suis parisien et j’ai moi-même participé à l’étude”, souligne Cyril Deshayes, responsable des campagnes eaux douces à WWF.
Les résultats seront rendus publics dans un mois environ. Le docteur Souvet, médecin membre de l’ASEP, souligne que cette étude n’est qu’une première étape. “Il faudrait mener une enquête épidémiologique, avec un suivi des populations exposées sur plusieurs années. Mais si nous trouvons des résultats positifs, on espère inciter les autorités à aller plus vite”. Médecin dans la région, il se dit confronté de plus en plus aux interrogations des patients qui vivent au bord du Rhône.
Des tests dès 1985
Les premiers prélèvements dans le Rhône datent de 1985. En 1986, l’Institut de la recherche agronomique (Inra), rédige un rapport d’alerte, rendu public en 1990 qui souligne une forte contamination.
Il démontre notamment la responsabilité de l’usine Tredi de Saint-Vulbas (01), une des trois en France à pouvoir retraiter les 545 610 appareils contaminés aux PCB recensés par l’ADEME. Au moment de l’étude, on relève des taux de contaminations des poissons jusqu’à 100 fois supérieurs à la norme, aux abords du site.
Après l’interdiction des PCB en 1987, l’usine a été autorisée à rejeter 1,5 kilo de PCB par jour dans le fleuve jusqu’en 1992, puis 500 grammes après 1992, sur arrêté préfectoral. L’entreprise affirme ne plus rien rejeter aujourd’hui dans le Rhône.
Selon Juliette Aubert, responsable de la communication de Tredi, l’entreprise sert de bouc émissaire, alors qu’elle a éliminé 150 000 tonnes de PCB depuis sa création en 1975 et rejeté, affirme-t-elle, pas plus de 250 à 300 kilos de PBC dans le Rhône. “Les PCB sont partout. 120 millions de tonnes ont été produites dans le monde et il en reste 400 millions dans la nature. Il y en a dans les stations d’épuration, les sols, la ville de Lyon en rejette 6 kilos par ans par exemple”. Aujourd’hui la source de pollution la plus importante aux PCB est la vandalisation des transformateurs, pour y récupérer le cuivre. Des dizaines de kilos de PCB se déversent à chaque fois dans la nature.
Premier arrêté préfectoral en 2005
Le premier arrêté préfectoral interdisant la consommation des poissons du Rhône ne tombe qu’en 2005 lorsqu’un pêcheur a pris l’initiative de faire analyser ses poissons et découvre un taux de contamination 40 fois supérieur à la norme.
Depuis cet été, les arrêtés préfectoraux pleuvent et la consommation des poissons d’eau douce est désormais interdite tout le long du fleuve.
Le MEDAD (ministère de l’environnement) a présenté en février son plan de lutte contre les PCB, doté de 8,5 millions d’euros. L’étude indépendante menée par WWF et l’Asep arrive à point pour mettre la pression sur les pouvoirs publics après tant d’années de négligence.
“Les messages des pouvoirs publics sont incohérents. D’un côté on fait jouer le principe de précaution en promulgant des interdictions de consommation et des recommandations, ce qui laisse entendre que la situation est préoccupante, de l’autre, on nous dit qu’il faut trois ans pour mener une étude d’imprégnation sur la population”, souligne Cyril Deshayes de WWF.
Autre point de désaccord, le plan d’indemnisation des pécheurs professionnels qui prévoie des exonérations de charges. Selon Cyril Deshayes, les pêcheurs, privés d’activité pour certains depuis 2005 devraient pouvoir toucher des indemnités selon le principe pollueur-payeur car il s’agit d’un cas de pollution industrielle avérée. “Mais ils ne sont que dix alors tout le monde s’en fout.”
Pour aller plus loin:
le dossier de FNE, avec le plan du gouvernement, les cartes de contamination et les revendications de l’association
La campagne de WWF
Source : GEO
01 mars 2008
Le monde selon Monsanto > le film !

Le film retrace l’histoire de Monsanto, une multinationale américaine, aujourd’hui leader mondial des OGM, et considérée comme l’un des plus grands pollueurs de l’ère industrielle (PCB, agent orange, hormones de croissance, roundup...).
Après une enquête de trois ans, en Amérique du nord et du sud, en Europe et en Asie, il reconstitue la genèse d’un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l’administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète.
En s’appuyant sur des documents et des témoignages inédits de scientifiques, victimes de ses activités toxiques, avocats, hommes politiques et de représentants de la Food and Drug Administration ou de l’Environmental Protection Agency des Etats Unis, le documentaire montre comment, derrière l’image d’une société propre et verte décrit par la propagande publicitaire, se cache un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l’équilibre écologique de la planète.
24 février 2008
Monsanto : SOS entreprise mortelle
L’entreprise assassine
Un exemple parmi d’autres, Anniston. « Monsanto a fait d’Anniston une ville fantôme ». Des années durant, la firme a déversé des PCB (ou polychlorobiphényles), huiles chimiques hautement toxiques, un peu partout dans la ville. « Mon petit frère est mort à dix-sept ans, d’une tumeur au cerveau et d’un cancer des poumons… il est mort parce qu’il mangeait les légumes de notre jardin et le poisson qu’il pêchait dans un cour d’eau hautement contaminé ! » (David Baker, président du comité d’Anniston contre la pollution). Selon un rapport déclassifié, « 308 000 tonnes de PCB ont été fabriqués à Anniston de 1929 à 1971. Sur ce total de déchets contaminés, 32 000 tonnes ont été déposés dans une décharge à ciel ouvert, au coeur de la communauté noire de la ville » (p. 23). Jusqu’en 1971 ! Pourtant, dès 1937, Monsanto savait que les PCB représentaient un grave danger pour la santé. Alors pourquoi continuer à polluer ? A cause d’une idéologie claire, formulée dans un document déclassifié de la firme, « Pollution letter » (daté du 16 février 1970), Monsanto « ne peut pas se permettre de perdre un dollar de business ».
Suite à une plainte déposée par 20 000 habitants de Anniston en 2001, Monsanto est jugée coupable d’avoir « pollué le territoire d’Anniston et le sang de sa population avec les PCB ». Et condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts. Mais, regrette David Baker, « aucun des dirigeants de la firme n’a été condamné à de la prison » (p. 39).
Des politiques complices
De 1997 à 2007, les cultures transgéniques se sont étendues sur plus de cent millions d’hectares dans le monde. Et Monsanto possède 90 % des OGM cultivés sur la planète, emploie 18 000 salariés dans une cinquantaine de pays, et ses bénéfices ne cessent de grimper (ils ont atteint le milliard de dollars). De l’autre côté, dans des pays comme l’Inde, le Mexique ou le Paraguay, des millions de paysans subissent déjà les conséquences, lourdes, des OGM (faillite de leur modeste entreprise, étranges maladies de peau constatées chez les enfants qui traversent quotidiennement les champs génétiquement modifiés…).
Pourquoi laisse-t-on ce dangereux géant industriel opérer ?
La réponse est simple. Face aux pressions de la firme, les politiques ne font pas le poids. En 1998, le bureau de Tony Blair fait stopper les travaux trop gênants du scientifique Arpad Pusztai. Dan Glickman, ministre de l’Agriculture de Bill Clinton de 1995 à 2000 avoue quant à lui à Marie-Monique Robin avoir « subi beaucoup de pressions de la part de l’industrie [Monsanto] et de certains membres du gouvernement ». L’entreprise finance, en toute légalité, les campagnes électorales des grands partis. Mais plus efficace est « sa capacité d’infiltration dans tous les rouages décisionnels du pays », via le système des « portes tournantes » (chaises musicales) : quatre ministères importants de l’administration W. Bush sont ainsi « tenus par des proches de Monsanto, soit qu’ils aient reçu des subsides de la firme, soit qu’ils aient travaillé directement pour elle ». Parmi ces collaborateurs, citons pêle-mêle John Ashcroft, Tommy Thompson, Ann Venneman, Donald Rumsfeld et Clarence Thomas (p. 178).
Laissons le mot de la faim à Vandana Shiva, présidente de la fondation Navdanya en Inde. Pour cette militante anti-OGM, le seul but de la « seconde révolution verte », c’est « d’augmenter les profits de Monsanto ». Dès lors que chaque paysan dépendra de cette firme pour chaque grain semé, pour chaque champ cultivé, non seulement l’entreprise empochera quantité de royalties, mais, plus puissante qu’une bombe, elle contrôlera les populations du monde.
Alors ne craignez rien, Monsanto veille au grain !
Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto - De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, éditions La Découverte, 370 pages (parution : le 6 mars 2008).
Source : Bakchich
22 février 2008
Malgré leur mobilisation, les apiculteurs devront cohabiter avec le Cruiser.
"Je ne suis pas un happy-culteur", "Cruiser-killer", "Abeilles, pesticides, OGM: l'impossible coexistence": les pancartes brandies par les manifestants (900 selon la police), parfois venus en tenue, enfumoir en main, ou déguisés en abeilles, ont touché les Parisiens sans convaincre les autorités.
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier, qui les a reçus, a refusé de revenir sur l'autorisation du Cruiser, délivrée pour un an le 8 janvier, justifiant, dans un communiqué, qu'elle était "assortie de mesures de gestion particulièrement strictes". Il a par ailleurs promis des mesures de "suivi et de surveillance", des parcelles et des ruchers, à titre expérimental en Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Aquitaine, en concertation avec les apiculteurs et les ONG vertes.
"Reste à élaborer les protocoles: nous avons demandé la participation du ministère de l'Ecologie qui nous l'a promise", s'est félicité le président de l'Union nationale de l'Apiculture française (UNAF) Henri Clément.
Devant la foule massée sous la Tour Eiffel le matin, M. Clément avait interpellé le ministre Jean-Louis Borloo, l'appelant à se "ressaisir pour que le Cruiser ne reste pas comme une tache sur le Grenelle" de l'environnement.
"A quoi sert l'Union européenne si l'expérience d'un pays ne sert pas aux autres? L'Italie a perdu des milliers de ruches l'an dernier avec le Cruiser", s'interrogeait Chantal Boyer-Lambert, venue du Lot-et-Garonne en laissant ses 224 ruches.
Fabriqué par la firme suisse Syngenta, le Cruiser est un insecticide d'enrobage des semences de maïs dont la molécule active, le thiamétoxam, appartient à la famille des neurotoxiques.
L'UNAF s'est tournée le 29 janvier vers le Conseil d'Etat pour réclamer son interdiction. Car les apiculteurs dressent le parallèle avec deux autres insecticides, le Gaucho et le Regent, incriminés dans la mortalité anormale des abeilles avant d'être interdits.
"Ce qui est sûr, c'est que si nous constatons une forte mortalité au printemps, comme avec le Friponil (la molécule du Regent) dans le sud-ouest, le Cruiser sera mort-né", prévient M. Clément.
Cependant, l'Afassa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a récemment exonéré le Regent et le Gaucho et mis en cause certains parasites (Varroa) et "l'état sanitaire" des ruchers.
"On va retrouver des traces (de Cruiser) dans toute la chaîne alimentaire", s'insurge François Veillerette, du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF): "C'est encore un insecticide systémique, qui diffuse dans l'ensemble de la plante, sa molécule reste longtemps active, même dans le sol et l'eau".
Pour la première fois, les principales organisations écologistes associées au Grenelle s'étaient jointes aux apiculteurs, comme France Nature Environnement (FNE), la Ligue de Protection des oiseaux (LPO), ou l'Alliance pour la planète. Et elles en ont rappelé les engagements: réduction de moitié de l'usage des pesticides en 10 ans et retrait des substances les plus dangereuses.
"A ce stade, les études sont totalement insuffisantes pour attester de l'absence de risque du Cruiser", a jugé FNE. Tandis qu'Allain Bougrain-Dubourg, pour la LPO, rappellait que les abeilles, "un des indicateurs de la biodiversité, ont subi un effondrement de 30 à 40% de leurs populations en zone agricole: il y a davantage de vivant, ici en ville, qu'à quelques kilomètres d'ici où se pratique des cultures intensives qui emploient des produits violents"
14 janvier 2008
" Energy Islands " : un concept d' îles artificielles productrices d'énergies
Son projet s'appelle Energy Islands. Il concerne la création d'un archipel artificiel d'îles imaginées sur le modèle des plates-formes pétrolières offshore et capables de fournir, exclusivement grâce aux ressources énergétiques marines, de l'énergie au reste de la planète.
Ces îles sont des lieux de travail qui n'ont donc rien de commun avec les îles artificielles résidentielles qui existent déjà dans certains pays du golfe Persique. Alex Michaelis a conçu le projet d'Energy Islands pour des implantations dans les eaux chaudes de la Mer des Caraïbes, du sud de la Mer de Chine, de l'Océan Indien ou de l'Afrique de l'ouest, ouvrant ainsi, entre autres perspectives, celle d'expérimenter des technologies d'énergies marines uniquement exploitables dans les eaux tropicales comme l'E.T.M. ou Energie thermique des mers qu'il place résolument au centre de son projet et de chaque Energy Island.
Il précise toutefois que toutes les autres formes d'énergies issues de la mer seront utilisées et notamment l'énergie des vagues, l'énergie des courants, l'éolien offshore et même...le solaire en mer, forme encore peu explorée. Selon Alex Michaelis, chaque île plate-forme emploiera 25 personnes travaillant à produire 250 MW d'électricité. Calquées là aussi sur les rotations de personnel des plates-formes pétrolières offhore, les équipes se relaieraient toutes les 6 semaines.
Le père d'Alex Michaelis, ingénieur, qui travaille avec son fils sur ce projet, a calculé qu'il faudrait implanté 50.000 de ces îles pour satisfaire la demande énergétique mondiale actuelle, tout en s'empressant d'ajouter que cela ne lui paraissait réalisable, qu'à la condition de prendre conscience qu'il fallait consentir un véritable "effort de guerre (...), car il s'agit bien d'une guerre que nous menons contre le réchauffement". Des observateurs objectent à ce projet enthousiaste et audacieux que le problème du coût du transport de l'énergie ainsi produite en mer vers les continents, reste entier à ce jour.
Cependant ces remarques et d'autres, d'ordre plus environnemental, ne troublent guère le milliardaire Richard Branson qui a clamé son intention de tout faire pour trouver des solutions au réchauffement climatique et a lancé aux scientifiques du monde entier le défi d'y parvenir avec leur aide d'ici à la date butoir de Février 2010. Le jury du Virgin Earh Prize qui entoure Branson et qui est composé entre autres d'Al Gore et du climatologue James Lovelock a affirmé sa volonté de voir le projet d'Alex Michaelis devenir rapidement une réalité et se traduire par la fabrication d'un premier prototype "d'Energy Island".
Ce prototype devrait voir le jour, courant 2008, dans l'océan Indien et bien entendu, Branson n'abandonnant jamais son sens légendaire du marketing et de l'humour au large des... Virgin Islands, possession britannique bien connue.
Article et traduction des interviews : Francis Rousseau
28 décembre 2007
Auchan arrête de vendre du thon rouge dans ses hypermarchés en France
"En raison des graves menaces de disparition qui pèsent sur le thon rouge, Auchan a pris la décision d'arrêter toute commercialisation de ce poisson", selon le communiqué, qui souligne que la décision a été également appliquée dès ce vendredi dans ses supermarchés Simply Market.
"Ces enseignes seront les premières en France à prendre cette mesure qui sera maintenue jusqu'à l'éventuelle mise en place d'une pêche durable ne menaçant pas la survie de l'espèce", a ajouté Auchan, qui revendique 13,8% de parts de marché du poisson en France.
Les ministres européens de la Pêche avaient décidé en novembre de durcir un plan de sauvegarde du thon rouge, en introduisant l'obligation pour chaque Etat de présenter des plans de pêche très détaillés avant chaque campagne dans l'espoir de prévenir des dérapages, alors que la France est un des principaux pays à dépasser régulièrement son quota annuel.
Le plan de sauvegarde prévoit de réduire progressivement les quotas de pêche, de limiter les sorties en mer à six mois dans l'année, d'augmenter de 10 à 30 kilos la taille minimale des prises, afin de laisser aux thons le temps de se reproduire, et de renforcer les contrôles.
L'objectif est de tenter de freiner la baisse rapide en Méditerranée et dans l'Atlantique des stocks de cette espèce, très prisée des consommateurs avec la mode des "sushis" en particulier.
21 octobre 2007
Plantes energétiques
L'artiste de préciser son travail :
"Mon intention était de montrer la beauté des énergies propres, et de présenter cet argument à ceux qui trouvent que les éoliennes dénaturent les paysages. Elles sont au contraire élégantes et donnent un très bel exemple de technologie ayant un impact positif sur l'environnement. La symbiose entre nature et technologie s'illustre parfaitement dans cette petite histoire sur les énergies propres."
Un vrai petit bijou... Heureusement, ça n'est pas dans le cadre d'une pub EDF...bien que ça s'y
ps : L'image a remporté le premier prix de l'AWEA conférence (le plus grand salon nord-américain sur l'éolien) à Pittsburgh.
21 septembre 2007
La faim, la bagnole, le blé et nous
Je suis journaliste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir travaillé pour Politis, Géo, Le Canard Enchaîné, Télérama. Je suis le co-auteur, avec François Veillerette, du livre “ Pesticides, révélations sur un scandale français ” (Fayard, 2007). Si je me permets aujourd’hui de vous adresser ce message, c’est qu’il y a urgence, une urgence absolue.
Je publie le 3 octobre un livre intitulé “ La faim, la bagnole, le blé et nous. ” (Fayard). Son sous-titre est clair : une dénonciation des biocarburants. Je veux vous en parler directement. Vous pouvez certes y voir une banale opération commerciale, mais tel n’est pas le cas.
L’expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. Savez-vous que le quart du maïs américain sert déjà à fabriquer du carburant automobile ? Une telle révolution a des effets en chaîne sur toutes les céréales et plantes alimentaires, dont le cours explose.
Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué.
Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort.
Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nombre de journaliste hélas. En France, je décris un système complexe dont l’un des centres n’est autre que le ministère de l’Écologie de M. Borloo, à travers l’Ademe et un organisme méconnu, Agrice. À quelques semaines du “ Grenelle de l’Environnement ”, cela mérite d’être discuté. Mais je n’oublie pas tous les autres, y compris certains écologistes fort mal inspirés.
Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l'effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. Et en France, leur développement signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mammifères.
Au fait, savez-vous qu’une usine du Havre transformera dès 2008 des animaux en biocarburants ? Et qu’on tente de faire pousser, par génie génétique, des arbres mous, permettant d’extraire leur cellulose, matière première des biocarburants ?
Ce monde est fou, et sans la moindre morale. J’ai fait ce que je pouvais, c’est-à-dire mon job. Pour tenter d’arrêter cette insupportable machine, j’en appelle solennellement à vous. Agissez ! Agissons ensemble.
Fabrice Nicolino, le 1 septembre 2007
http://www.liberterre.fr/actualiterres/nicolino.html
http://terresacree.org/bagnoles.htm
14 septembre 2007
29 août 2007
Les abeilles malades de l'homme
Ce sentiment d'incrédulité, beaucoup d'apiculteurs l'ont ressenti depuis quelques années. Partout ou presque, les abeilles meurent dans des proportions trop importantes. Certes, l'ampleur des pertes varie d'une région du monde à l'autre et d'une année sur l'autre. La saison et les circonstances ne sont pas toujours identiques. Mais c'est bien le même phénomène qui se produit, "sur une large échelle", précise Peter Neumann, du Centre agroscope Liebefeld-Posieux. Installé à Berne, la capitale de la confédération helvétique, cet institut assure la coordination du groupe de travail européen sur la prévention des mortalités. " Quelque chose est en train de dérailler" estime notre spécialiste. "Cela a lieu de plus en plus souvent et dans des proportions plus importantes."
Aux Etats-Unis, où l'on parle de "syndrome d'effondrement des colonies", quelque 25 % du cheptel auraient disparu au cours de l'hiver 2006-2007. En Europe, la France, la Belgique, l'Italie, l'Allemagne, la Suisse, l'Espagne, la Grèce, la Pologne, les Pays-Bas ont été touchés depuis le début des années 2000. Les pertes peuvent atteindre, localement, jusqu'à 90 % des colonies. "Il est possible que cela se produise dans d'autres régions du monde, mais nous manquons de données", ajoute M. Neumann.
Tout allait pourtant pour le mieux depuis des millions d'années. Rien n'était venu déranger le tête-à-tête évolutif entre les plantes à fleurs, rivalisant d'éclat auprès des insectes pollinisateurs, et les abeilles, qui puisaient le nectar entre leurs pétales. Leurs vies se passaient immuablement, dans une troublante soumission aux lois de la ruche, où il n'est d'autre destin possible que travailler à la perpétuation de l'espèce. L'homme est-il en train de tuer à petit feu l'industrieux insecte qu'il a tant bien que mal domestiqué depuis l'Antiquité ? "Nous n'avons pas la clé du mystère, il y a un élément que nous ne comprenons pas, prévient Jean-Daniel Charrière, chercheur au Centre de Berne. Nous n'aimons pas être dans l'inconnu. Pourtant, avec les abeilles, nous le sommes souvent." Dans l'incertitude, les spécialistes en sont réduits à énumérer toutes les causes de mortalité possibles.
Un temps envisagée, la piste des ondes électromagnétiques est écartée. Les OGM, en revanche, figurent toujours sur la liste des suspects. Selon une étude publiée dans la revue Science du 8 juin, les cultures transgéniques ont cependant un effet moins important sur les abeilles que les champs traités aux pesticides. Et l'hypothèse OGM ne peut expliquer les mortalités en Europe, où les surfaces plantées sont très faibles.
Restent deux pistes privilégiées : les maladies, virus, parasites et autres champignons, d'un côté. La dégradation générale de l'environnement - changements climatiques, raréfaction des fleurs et surtout surdose de produit chimiques -, de l'autre. Peut-être tout cela à la fois. "On peut supporter séparément une maladie, une mauvaise alimentation, un empoisonnement aux pesticides, mais quand tous les facteurs se conjuguent, il arrive un moment où la limite de résistance est atteinte" , explique M. Neumann. Pour les apiculteurs, l'abeille est une "sentinelle", une "sonnette d'alarme", le témoin de dérèglements invisibles à nos yeux. Une chose est certaine, au bout de toutes les pistes, c'est toujours l'homme que l'on retrouve.
Jean Brun pose sur sa table de cuisine un lourd traité apicole, daté de 1931, soigneusement protégé d'un tissu à fleurs. Son grand-père Antoine y pose fièrement. C'est lui qui a offert à Jean, pour ses 12 ans, son premier enfumoir. Cinquante ans plus tard, l'homme a le visage brûlé par le soleil et les traits tirés. Il n'a pas dormi de la nuit. Il a fallu emporter des ruches près de champs de lavande situés à des dizaines de kilomètres de Saint-Rémy-de-Provence, où la famille est installée.
Chaque année au printemps, les apiculteurs sillonnent les routes. C'est la "transhumance", la grande quête des fleurs. Les plus communes (colza, tournesol) donneront les "miels de France". Les plus nobles, les plus rares, prodigueront leur arôme à ces miels d'acacia, de romarin, de ronce, ou d'arbousier que les apiculteurs vous font déguster, l'oeil étincelant, comme des viticulteurs leur dernier cru.
Le métier a bien changé depuis que l'aïeul Etienne Brun s'est lancé, vers 1870. A l'époque, les colonies d'abeilles, élevées dans des troncs d'arbres, sont asphyxiées en fin de saison et la délicate cité de cire écrasée pour en extraire le miel. L'adoption de la ruche à cadres mobiles, qui permet de récolter sans anéantir la colonie, marque la naissance de l'apiculture moderne, dans la première moitié du XX e siècle.
Jusqu'aux années 1960, tout était très simple. "On ne bougeait pas les ruches, il y avait des fleurs à Saint-Rémy, raconte Jean Brun. On posait les hausses où les abeilles stockent le miel au printemps, et on récoltait 40 kg."
Sans efforts. Puis les cultures de légumes ont recouvert la région. Ailleurs en France ce furent le blé, le maïs, le tournesol. La transhumance commença, le grand jeu de cache-cache avec les pesticides aussi. "Ils sont arrivés dans les années 1970, on s'est pris de sacrées raclées", se souvient Jean Brun. Cela continue. L'an dernier, il a perdu quatre-vingt six colonies. "Le voisin avait traité ses pommiers, il n'y avait pas de fleurs sur les arbres, mais au sol, oui, et les abeilles ont dérouillé." L'année précédente, c'était "à cause d'un mariage" . "Quelqu'un ne voulait pas de moustiques à la noce de sa fille. Après le traitement, il n'y a plus eu ni moustiques ni abeilles."
A force, les apiculteurs dessinent leur propre cartographie du territoire. Il y a les zones "sûres" et les zones "à risque". Ils descendent dans le détail, à la parcelle. "La quantité de traitements peut être divisée au moins par deux selon les agriculteurs, relève Norbert Maudoigt, 49 ans, un voisin de Jean Brun. Cela dépend de leur âge, de leur caractère, s'ils sont plutôt inquiets ou pas, s'ils écoutent le commercial qui leur vend les produits, s'ils y consacrent vraiment du temps." Les confrontations "d'homme à homme" ne manquent pas. Mais rares sont ceux qui condamnent en bloc l'agriculture. "Je ne peux pas en vouloir à des gens qui sont piégés, dit Jean-Claude Canac, apiculteur à Servian, dans l'Hérault. On a dit aux agriculteurs d'être productifs pour pas cher, on les a payés pour arracher les zones dont ont besoin les abeilles."
Dans la guerre chimique menée par l'homme aux insectes ravageurs des cultures, les armes ont évolué. De plusieurs kilos de matières actives à l'hectare, on est passé à quelques dizaines de grammes. Mais les abeilles ne semblent pas s'en porter mieux. "Avant, on avait surtout des paquets d'insectes morts devant les ruches, maintenant c'est de plus en plus diffus, de plus en plus sournois, constate Norbert Maudoigt. Les produits leur bousillent le sens de l'orientation, elles meurent à l'extérieur de la ruche. Nous, on voit qu'il manque du monde, mais comme on n'a pas d'abeilles mortes, c'est difficile d'apporter la preuve."
La route qui conduit chez Martin Machado, dans le Cher, est monotone. Du blé, encore du blé, toujours du blé, c'est le royaume des grandes cultures : céréales, colza, tournesol. Le temps est mauvais, les abeilles agressives. Elles fondent sur l'intrus, crépitant contre sa combinaison de coton et son voile protecteur. "Voilà des ruches populeuses, lance Martin Machado. Il y a quelques années, quand je les portais sur le tournesol, au bout d'une semaine, je pouvais me promener torse nu dans le rucher."
Cela fait quinze ans que Martin Machado a choisi ce métier de "caractériel autodidacte", dit-il en souriant. Au début, 10 % des abeilles mouraient chaque année. Le taux est passé à 25 % ou 30 %. Les récoltes se sont effondrées. Certains apiculteurs ont lâché prise. Les autres ont pris l'habitude de compenser les pertes tous les ans en achetant des reines. Cette année, le taux de mortalité est revenu à la normale. L'apiculteur pense que la suspension des insecticides Gaucho et Régent a joué un rôle, mais il ne crie pas victoire. "C'est encore trop tôt pour dire qu'on est tirés d'affaire, prévient-il. Le problème, c'est que nous ne sommes plus maîtres de rien." Les cultures changent, les molécules changent. "Et en plus, maintenant, on a les facteurs climatiques qui viennent se greffer à tout le reste." La pluie et le soleil ne viennent plus jamais quand on les attend, déréglant la mécanique de précision de la ruche.
Les apiculteurs sont aussi aux prises, depuis le début des années 1980, avec un parasite répondant au nom évocateur de Varroa destructor. Rond, rougeâtre, l'acarien - de 1 à 2 millimètres de longueur - suce l'hémolymphe des abeilles, l'équivalent du sang. C'était, à l'origine, un parasite de l'abeille asiatique, Apis ceranae. Cette dernière s'en était accommodée, développant la pratique de l'épouillage. L'histoire dit que l'acarien a été introduit en Europe au début des années 1980, par la faute de chercheurs allemands ayant importé des reines asiatiques. Mais il était présent en Russie au début des années 1950. Il a aussi voyagé au gré des échanges commerciaux de reines entre continents.
Cas d'école de ce que les scientifiques appellent les espèces "envahissantes", le "vampire de l'abeille" a rapidement conquis tous les continents. En dehors d'Apis ceranae, aucune espèce ne possède de parade contre lui. Sans traitement acaricide - souvent des produits chimiques - les ruches s'étiolent. Les apiculteurs parlent tous de l'époque "d'avant le varroa" comme d'un paradis perdu.
Les ruches de Boris Bachofen ne lui ont pas échappé. Elles hivernent dans un environnement des plus accueillants : un paisible verger du canton de Neuchâtel, en Suisse, où sont conservées cent soixante-quatorze variétés anciennes de poiriers. "Ici, ce n'est pas très chargé en produits chimiques", constate le jeune apiculteur. Pourtant l'année dernière, les trois quarts des colonies ont été anéanties. "Je n'ai rien fait de spécial, j'ai traité contre le varroa deux fois l'été et une fois l'automne. Mais peut-être que ce qui était suffisant avant ne l'est plus aujourd'hui" , avance-t-il. Les scientifiques pensent que le varroa pourrait aussi transmettre des maladies aux abeilles.
L'abeille domestique est-elle une espèce en danger ? On n'en est pas là. Mais son sort a de multiples raisons d'inquiéter. "C'est une pollinisatrice particulièrement efficace, explique Bernard Vaissière, qui dirige le laboratoire de pollinisation entomophile à l'INRA d'Avignon. Et elle est en train de disparaître de régions entières." Voyant leurs ruches péricliter, les petits apiculteurs amateurs, qui contribuaient à maintenir partout la présence de l'espèce, sont de moins en moins nombreux.
Or la survie de 80 % des plantes à fleurs et la production de 35 % de la nourriture des hommes dépendent de la pollinisation. Aux Etats-Unis, ce marché a été évalué à 15 milliards de dollars. Certes, ni le blé, ni le riz, ni les pommes de terre n'ont besoin d'abeilles. Mais imagine-t-on un monde sans fruits, sans légumes et sans fleurs ? Circonstance aggravante, les autres pollinisateurs ne s'en tirent pas mieux. "On a toutes les raisons de penser que quand l'abeille domestique a des soucis, c'est pire pour les espèces sauvages, car la colonie a un effet protecteur", explique Bernard Vaissière. Les spécialistes de l'abeille se sentent un peu seuls. Nous vivons dans une société "insectophobe", dit Francesco Panella. Pourtant, sans les insectes, rien ne marche. Ils sont la colonne vertébrale des écosystèmes terrestres. "Ce sont les grands oubliés du monde animal, déplore Marie-Pierre Chauzat, membre de l'équipe abeille de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Ils n'ont pas les grands yeux du panda, les belles plumes des oiseaux, la jolie fourrure des bébés phoques."
Article paru dans l'édition du 30.08.07
22 août 2007
Concours de pêche au requin de Noirmoutier: ils seront relâchés vivants.
Greenpeace France s'est félicité que les organisateurs du challenge "peaux bleues" de Noirmoutier (une compétition de pêche au requin dite sportive) aient finalement décidé d'imposer le "capturer/relâcher vivant" (no kill) aux participants du concours de pêche au requin de Noirmoutier.
Le 16 août dernier, Greenpeace et le WWF avaient vivement protesté contre la tenue de la compétition du 18 août à l'issue de laquelle les prises, d'environ 1 tonne, devaient être vendues aux enchères. « L'état de la biodiversité marine et les douloureuses mutations imposées au monde de la pêche professionnel ne permettent en effet plus d'organiser ce type de safari. » Greenpeace demande aux organisateurs de concours de pêche au gros des façades atlantique et méditerranéenne, ciblant requins et thons, d'adopter le "no kill" comme règle standard.
19 août 2007
Des vêtements importés de Chine empoisonnés !
Des scientifiques de Nouvelle-Zélande ont découvert des concentrations de poison hautement toxique dans des vêtements pour enfants importés de Chine, peut-on lire dimanche dans le quotidien Sunday Star-Times.
Les chercheurs ont trouvé des traces de formaldéhyde, un poison toxique et cancérigène, dans des échantillons de laine et de coton. Sa concentration était jusqu'à 500 fois plus élevée que les normes de sécurité recommandées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Des détails sur cette affaire seront diffusés mardi dans l'émission Target de la chaîne de télévision néo-zélandaise TV3.
Selon le producteur Simon Roy, des résidus de formaldéhyde ont été découverts dans un chargement de nouveaux vêtements, comprenant des tops pour filles, des tabliers d'écolier, des T-shirts et des pyjamas. La concentration de ce poison était de 230 à 18.000 particules par million (ppm). Certaines des concentrations étaient si élevées que les scientifiques ont cru avoir commis une erreur.
Les consommateurs ont été avertis et il leur a été conseillé de laver en profondeur les vêtements avant leur première utilisation et de les aérer correctement, a précisé le quotidien.
Selon le Dr John Fountain, porte-parole du centre national antipoison, une enquête internationale, soutenue par l'OMS, avance qu'une exposition à une concentration de 20 ppm de formaldéhyde entraîne des irritations oculaires, de la peau et des voies respiratoires.
L'Union européenne a fixé comme norme la limite de 30 ppm, a encore précisé le Dr Fountain.
L'enquête menée dans le cadre de l'émission télévisée a montré que 10% des vêtements chinois examinés contenaient des résidus de ce poison. Par ailleurs, certains vêtements avaient aussi des niveaux de PH pouvant s'avérer nocif pour la peau.
18 août 2007
José Bové appelle à poursuivre les fauchages d'OGM
"QUAND ON N'A PAS D'AUTRES CHOIX, ON LE FAIT"
Les suspects, qui revendiquent les faits, pourraient être placés en garde à vue, en vue d'un renvoi ultérieur en correctionnelle de tout ou partie d'entre eux, une procédure désormais habituelle dans ce type d'affaires. Cette nouvelle action, qui fait suite à la divulgation d?une cartographie ministérielle recensant les 21 000 hectares de parcelles OGM, se veut "un acte de désobéissance civile non-violent". Parmi la soixantaine de faucheurs interpellés se trouve notamment Dominique Plancke, conseiller régional Vert du Nord-Pas-de-Calais.
"Ce qui est important aujourd'hui, c'est qu'il y ait un débat de société. Ou ce débat peut se faire dans la démocratie et dans ce cas-là, il faut un moratoire. Et s'il n'y a pas de moratoire, la responsabilité des citoyens, c'est d'agir en désobéissant et en assumant leurs actes. Quand on n'a pas d'autres choix, on le fait" , a-t-il ajouté.
Revenant sur son action du 5 août dernier Murviel-lès-Béziers (Hérault), où avec d'autres militants anti-OGM, il avait participé à un fauchage symbolique, le leader altermondialiste a déclaré : "je suis repassé à l'action et j'ai donc désobéi une fois de plus à la loi. Je suis conscient que j'agis en dehors de la loi, mais quand plus rien ne fonctionne, quand la démocratie ne fonctionne pas et qu'on veut nous imposer quelque chose qui est refusé par la majorité de la population, qu'est-ce qu'il nous reste d'autre que de désobéir à la loi ?" .
Une parcelle de maïs transgénique a été détruite samedi matin à Poinville (Eure-et-Loir) par une soixantaine de membres du Collectif des faucheurs volontaires, qui ont été placés en garde à vue, a-t-on appris auprès du collectif.
Vers 07H00, des militants anti-OGM des régions Centre, Bretagne, Ile-de-France et Nord ont arraché un champ d'essai de maïs transgénique, appartenant à la société américaine Monsanto et d'une superficie d'environ 2.000 mètres carrés, a précisé Karine Deschamps, membre du collectif.
L'action, qui n'a duré que quelques minutes, s'est poursuivie avec le dépôt "symbolique" de quelques plants de maïs sur les grilles de l'usine Monsanto de Janville (Eure-et-Loir), a-t-on ajouté de même source.
Les militants ayant participé à l'arrachage ont été interpellés, conduits à la gendarmerie de Janville et placés en garde à vue, a précisé Mme Deschamps.
Le Collectif des faucheurs volontaires demandent un moratoire sur la culture des OGM.