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27 août 2008

Un film révèle la menace des biocarburants sur les Indiens du Brésil


Un homme guarani
Un homme guarani
©João Ripper/Sur
Le film italien "Birdwatchers", en compétition officielle pour le Lion d'or au Festival de Venise, évoque la situation des Indiens guarani-kaiowá au Brésil dont les terres sont détruites pour faire place à la production de biocarburants.

Birdwatchers relate une histoire d'amour dans le Brésil rural entre la fille d'un riche propriétaire terrien et un jeune Guarani, futur chaman, tandis que leurs deux mondes s'affrontent sur fond d'invasions de territoires, suicides et rébellion.

Le film marque les débuts au grand écran de plusieurs Guarani dans des rôles principaux, notamment Abrisio da Silva Pedro (dont le nom guarani, Chirivy Poty'i, signifie "beau petit garçon") dans le rôle du futur chaman. 230 Guarani, qui n'avaient jamais joué auparavant, ont été engagés dans ce film, écrit et dirigé par le réalisateur italo-chilien Marco Bechis. L'acteur italien Claudio Santamaria ("Casino Royale") et le célèbre acteur brésilien Matheus Nachtergaele sont également au générique.

L'acteur guarani Ambrósio Vilhava (dont le nom guarani, Kunumi Taperendi, signifie ‘le garçon qui brille comme le soleil levant’) a déclaré qu'il espérait que ce film contribuerait à la reconnaissance officielle de leur territoire. "C'est ce que j'espère le plus : la terre et la justice".

Les Guarani-Kaiowá vivent dans l'Etat brésilien du Mato Grosso do Sul. "Mato Grosso" signifie "forêt dense", mais la forêt a quasiment disparu. Depuis 70 ans, les Guarani ont été dépossédés de la majorité de leurs terres par des éleveurs de bétail et des producteurs de canne à sucre et de soja qui les ont souvent expulsés de manière très violente. Ils occupent aujourd'hui une infime portion de leur territoire ancestral et travaillent dans des conditions de quasi-esclavage dans les ranchs et les plantations. De nombreux enfants souffrent de grave malnutrition et plusieurs en sont morts.

Le Brésil est depuis des années l’un des leaders mondiaux de la production de biocarburants et la plupart des voitures brésiliennes roulent à l’éthanol. Le pays aspire à devenir le premier exportateur d’éthanol au monde et vise à exporter 26 milliards de litres d’ici 2010. La majeure partie de la canne à sucre utilisée pour la production d’éthanol est récoltée sur des terres autrefois occupées par les forêts guarani. Dans le seul Etat du Mato Grosso do Sul, on trouve onze moulins à sucre et distilleries d’éthanol ; trente sont en construction sur un projet total de 84.

Durant ces vingt dernières années, plus de 517 Guarani-Kaiowà se sont suicidés; beaucoup étaient des enfants. La plus jeune, Luciane Ortiz, avait tout juste neuf ans. Lasses d'attendre l'intervention des autorités, les communautés ont depuis plusieurs années commencé à réoccuper leurs terres, provoquant une violente réaction des fermiers et de leurs hommes de main engagés pour intimider, agresser et parfois même tuer les Indiens.

En liaison avec le film, Survival a créé un fond spécial destiné à aider les Guarani à défendre leurs droits, leurs terres et leur avenir : http://www.guarani-survival.org/en

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "J'espère que ce film attirera l'attention sur le sort tragique des Guarani, la privation de leurs terres et la menace que représente pour eux l'industrie des biocarburants qui risque d'aggraver encore plus leurs problèmes".

La Première du film aura lieu à Venise le 1er septembre prochain.
Conférence de presse en présence de Marco Bechis, Claudio Santamaria et cinq acteurs guarani :
1er septembre 11h30
Casinò (3ème étage)
Festival du film de Venise

Les acteurs guarani sont disponibles pour des interviews en Italie du 1er au 5 septembre.

Pour en savoir plus sur "Birdwatchers" : www.birdwatchersfilm.com
Pour plus d’informations
Magali Rubino 00 33 (0)1 42 41 44 10
magali@survivalfrance.org

23 avril 2008

Quand les artistes pensent "vert".

Les artistes sont de plus en plus engagés et la cause écologiste gagne en popularité tous les jours.

À l’occasion du Jour de la Terre, le magazine Billboard a décidé de publier la liste des dix artistes qui ont été les plus écolos dans l’industrie de la musique au cours de la dernière année. Voici les noms qui s’y retrouvent:

Jack Johnson

Le surfeur, chanteur et cinéaste Jack Johnson a mérité sa place dans ce décompte lors de la construction de son tout nouveau studio d’enregistrement. En effet, le chanteur aurait insisté pour que l’isolation de la pièce soit faite à partir de denim recyclé. Des panneaux solaires auraient aussi été installés au siège social de sa compagnie Brushfire Records à Los Angeles. Jack Johnson a récemment annoncé que les camions et véhicules qui serviront à sa tournée en 2008 allaient tous rouler au biodiesel.

Willie Nelson

Le chanteur country Willie Nelson se sert depuis quelque temps déjà de son nom afin de faire la promotion de son biocarburant BioWillie. Vendu dans six États américains, le BioWillie se fera d’autant plus connaître lorsque Willie Nelson ouvrira son nouveau resto-bar Willie’s Place au Texas dans la plus grande halte routière verte des États-Unis: Carl’s Corner.

Mana

Le groupe rock mexicain Mana a lancé en 1994 la fondation à but non lucratif Selva Negra qui tente de prévenir autant la disparition d’espèce en danger d’extinction que de sensibiliser la population à la déforestation. Le projet le plus ambitieux du groupe a été de soumettre la proposition de rendre obligatoires au programme scolaire des enfants mexicains des cours d’éthique environnementale.

Dave Matthews Band

Par l’entremise de l’association à but non lucratif Reverb (www.reverbrock.org/site), le groupe rock américain Dave Matthews Band a calculé les émissions de CO2 qui seraient produites à chaque arrêt de leur prochaine tournée. Les membres du groupe auraient acheté le nombre exact de crédits en énergie renouvelable afin de compenser l’empreinte qu’ils anticipent laisser avec les transports, les hôtels et même les déplacements de leurs fans. Le groupe prévoit offrir un service de covoiturage en ligne pour leurs fans qui se déplaceront afin d’assister à leurs concerts.

KT Tunstall

En septembre dernier, la chanteuse écossaise KT Tunstall aurait travaillé en collaboration avec la compagnie de disques Virgin afin que le livret de son album Drastic Fantastic soit biodégradable et sans chlore. La chanteuse travaillerait aussi à faire de sa prochaine tournée une tournée sans carbone.

Pearl Jam

Le batteur du groupe Pearl Jam Matt Cameron a participé à un concert en janvier dernier pour venir en aide aux victimes des inondations aux États-Unis. Le guitariste du groupe Stone Gossard aurait pour sa part participé à replanter de la végétation dans un parc de Seattle dévasté par la plante «Ivy English».

Serj Tankian

Le chanteur du groupe rock System of a Down a récemment créé le site internet skyisover.net dans le but d’unir ses fans à des causes liées à l’environnement et à la justice sociale. En compagnie de l’ancien guitariste du groupe Rage Against the Machine, le chanteur a fondé l’association à but non lucratif Axis of Justice. Comme plusieurs autres artistes, Serj Tankian travaille avec l’organisme Reverb pour s’assurer que sa prochaine tournée soit écologique.

Radiohead

Le groupe britannique Radiohead a sorti son disque In Rainbows sur le web avant de lancer de son album en magasin l’année dernière. Cette initiative a permis d’éviter la production de milliers de disques compacts et de boitiers.

Missy Higgins

L’interprète australienne Missy Higgins a passé un séjour de deux semaines aux États-Unis cette année et s’est uniquement déplacée au volant d’une voiture hybride. Pendant ce voyage, la chanteuse a mis en ligne de petits documentaires traitant de sites comme le «Centre national pour la recherche atmosphérique» de la ville de Boulder au Colorado ainsi que l’école primaire «verte» Mountain View Montessori School.

The Roots

Dans le but de faire la promotion du compostage, les membres du groupe rap américain The Roots ont donné des bacs de compostage autographiés lors de leur session «all-star jam» ayant lieu chaque année avant le gala des Grammys.

14 janvier 2008

" Energy Islands " : un concept d' îles artificielles productrices d'énergies

L'architecte londonien Alex Michaelis, du cabinet Michaelis Boyd Associates connu pour avoir rendu "écologiquement correctes" les maisons de plusieurs célébrités dont le politicien David Cameron et le milliardaire Richard Branson (le patron de Virgin) court après le prix de 25 millions de dollars de l'écologique Virgin Earh Prize.

Son projet s'appelle Energy Islands. Il concerne la création d'un archipel artificiel d'îles imaginées sur le modèle des plates-formes pétrolières offshore et capables de fournir, exclusivement grâce aux ressources énergétiques marines, de l'énergie au reste de la planète.

Ces îles sont des lieux de travail qui n'ont donc rien de commun avec les îles artificielles résidentielles qui existent déjà dans certains pays du golfe Persique. Alex Michaelis a conçu le projet d'Energy Islands pour des implantations dans les eaux chaudes de la Mer des Caraïbes, du sud de la Mer de Chine, de l'Océan Indien ou de l'Afrique de l'ouest, ouvrant ainsi, entre autres perspectives, celle d'expérimenter des technologies d'énergies marines uniquement exploitables dans les eaux tropicales comme l'E.T.M. ou Energie thermique des mers qu'il place résolument au centre de son projet et de chaque Energy Island.

Il précise toutefois que toutes les autres formes d'énergies issues de la mer seront utilisées et notamment l'énergie des vagues, l'énergie des courants, l'éolien offshore et même...le solaire en mer, forme encore peu explorée. Selon Alex Michaelis, chaque île plate-forme emploiera 25 personnes travaillant à produire 250 MW d'électricité. Calquées là aussi sur les rotations de personnel des plates-formes pétrolières offhore, les équipes se relaieraient toutes les 6 semaines.

Le père d'Alex Michaelis, ingénieur, qui travaille avec son fils sur ce projet, a calculé qu'il faudrait implanté 50.000 de ces îles pour satisfaire la demande énergétique mondiale actuelle, tout en s'empressant d'ajouter que cela ne lui paraissait réalisable, qu'à la condition de prendre conscience qu'il fallait consentir un véritable "effort de guerre (...), car il s'agit bien d'une guerre que nous menons contre le réchauffement". Des observateurs objectent à ce projet enthousiaste et audacieux que le problème du coût du transport de l'énergie ainsi produite en mer vers les continents, reste entier à ce jour.

Cependant ces remarques et d'autres, d'ordre plus environnemental, ne troublent guère le milliardaire Richard Branson qui a clamé son intention de tout faire pour trouver des solutions au réchauffement climatique et a lancé aux scientifiques du monde entier le défi d'y parvenir avec leur aide d'ici à la date butoir de Février 2010. Le jury du Virgin Earh Prize qui entoure Branson et qui est composé entre autres d'Al Gore et du climatologue James Lovelock a affirmé sa volonté de voir le projet d'Alex Michaelis devenir rapidement une réalité et se traduire par la fabrication d'un premier prototype "d'Energy Island".

Ce prototype devrait voir le jour, courant 2008, dans l'océan Indien et bien entendu, Branson n'abandonnant jamais son sens légendaire du marketing et de l'humour au large des... Virgin Islands, possession britannique bien connue.

Article et traduction des interviews : Francis Rousseau

06 janvier 2008

Il faut utiliser le pétrole de façon optimale.

Avec un baril qui effleure les 100 dollars, la recherche d’une voie alternative au pétrole s’impose. Mais sortir du pétrole implique un changement radical de notre mode de produire, de consommer et des changements profonds dans nos habitudes au quotidien. Anne Gouyon, qui a co-écrit avec Maximilien Rouer "Réparer la planète, la révolution de l’économie positive", nous explique comment ce défi est une occasion pour changer en mieux.

Le pétrole à 100 dollars, est-ce une chance ?

Au niveau global, c’est clairement une chance car les entreprises vont être incitées à utiliser moins de pétrole et les politiques à mettre en place des mesures pour réduire la dépendance des carburants fossiles. C’est une chance pour l’économie et la planète, mais les gens risquent d’être fortement touchés, notamment les ménages les plus pauvres. Il faut que les gouvernements saisissent la balle au bond pour prévoir très vite des solutions pour le chauffage, l’isolation, les transports. On parle beaucoup de pouvoir d’achat : c’est l’occasion de faire quelque chose. Le baril à 100 dollars, on l’annonçait depuis un bon moment. Dans les cinq prochaines années, il pourrait atteindre les 200 voire 3000 dollars.

C'est là qu'entre en jeu l’économie positive ?

L’environnement et les ressources de la planète sont gravement dégradés aujourd’hui. Penser à l’avenir, n’est pas seulement une question de faire moins de mal, de ne pas avoir un impact négatif : il faut avoir un impact positif. C’est l’idée à la base de ce que nous appelons l’économie positive, une économie qui restaure et enrichisse le capital écologique de l’humanité tout en assurant une croissance économique et en créant des emplois.

Pouvez-vous citer un exemple des solutions à envisager ?

Concrètement, dans le secteur du bâtiment il est déjà possible de construire des maisons à énergie positive, ultra efficaces. Par l’isolation et en valorisant le flux du soleil dans l’orientation du bâtiment, une maison peut consommer 10 fois moins d’énergie. Les besoins restants sont remplis par les énergies renouvelables de façon à que la maison soit totalement autonome, et même, pendant certaines périodes de l’année, puisse produire plus d’énergie qu’il lui en faut et la revendre aux réseaux de distribution.

Et pour les bâtiments existants ?

Le Grenelle de l’environnement a lancé le projet d’un vaste programme de rénovation. Il est parfois cher d’intervenir sur le bâti existant, donc il faut orienter les efforts en priorité là où il y a un meilleur rapport entre l’argent investi et les économies d’énergie à venir. Ce grand chantier va lancer une dynamique de création d’emplois et d’innovation de la part des industriels, qui permettra de faire baisser les coûts. Investir dans les économies d’énergie permet aussi de récupérer du pouvoir d’achat. Il ne faut pas oublier que le prix du baril de pétrole augmente et que des 100$ d’aujourd’hui il pourra toucher les 200, voire 300$.

Un autre poste énergétivore est celui des transports. Comment faire sans pétrole ?

Avant de substituer de nouvelles énergies au pétrole, commençons par être plus efficaces. L’énergie moins chère est d’abord celle qu’on ne consomme pas. Aujourd’hui les constructeurs proposent des gros 4X4 à motorisation hybride : c'est prendre le problème à l'envers. Dans une voiture qui pèse entre 1 tonne et 1,5 tonne, sur 100 litres de pétrole consommés, 1 litre seulement sert à déplacer la personne, le reste est dissipé sous forme de chaleur, ou sert à déplacer la voiture elle-même. Rendre les voitures plus efficaces peut se faire par l’aérodynamique, par l’utilisation de matériaux moins lourds et par conséquent par l’utilisation de moteurs plus légers. Il existe déjà des exemples. Une PME allemande, Loremo, devrait commercialiser en 2009 un coupé de sport qui consomme entre 1,5 et 2,7 litres pour 100km, contre les 8 litres d’une Hyundai coupé.

Il existe aussi des solutions pour rouler sans pétrole…

Oui, mais il est important de penser d’abord à l’efficacité énergétique, car les solutions alternatives dépendent largement du soleil et donc des surfaces disponibles qui ne sont pas illimitées. Il est possible de faire rouler les voitures en utilisant des biocarburants de deuxième ou troisième génération, fabriqués à base de plantes cultivées sur des sols marginaux, qui ne rentrent pas en concurrence avec la production alimentaire. En France, on investit très peu dans ces technologies, alors qu’à l’étranger des projets prometteurs sont menés. La société britannique D1 Oils investit par exemple dans une plante, le Jatropha curcas, qui sert à la production de biodiesel. Cette plante peut être cultivée dans des zones désertifiées permettant de valoriser et reverdir des territoires considérés hier improductifs. Cela intéresse beaucoup de pays africains, mais aussi l'Inde, l'Indonésie, le Mexique… Un autre exemple est la voiture à air comprimé de Guy Nègre. Fort de son expérience dans la F1, où le système de démarrage des voitures fonctionne à l’air comprimé, il a conçu une voiture qui roule avec ce même procédé, qui permet de stocker de l'énergie plus efficacement qu'une batterie. Si l'énergie provient de sources renouvelables, cela permet de concevoir des véhicules "propres". Ce procédé faisait rire tout le monde et les constructeurs européens ont refusé le projet. Guy Nègre a fini par signer un contrat de licence avec Tata, le leader indien de l’automobile !

Pourra-t-on, un jour, se passer totalement de pétrole ?

Il y a 100 ans, on vivait sans pétrole ! Concrètement, il faut que nous utilisions cette ressource de manière optimale. Le pétrole a des multiples usages au-delà de sa capacité à produire de l’énergie par combustion : dans la chimie et pour fabriquer du plastique, par exemple. On gardera le pétrole pour ces utilisations plus nobles et, un jour, on dira que c’était stupide de le brûler.

Que changera dans notre façon de vivre ?

Nous avons le choix de changer pour un mode de vie plus agréable. Je pense que personne ne regrettera la pollution causée par les voitures dans les centre-villes. Elles seront remplacées par des transports propres, silencieux et on pourra rouler à vélo sans avoir une peur bleue de se faire renverser. Notre rapport à l’énergie et au territoire va changer. Nous nous déplacerons et nous communiquerons de façon différente. Au lieu de passer deux heures par jour dans des embouteillages coincés dans une boîte en acier et exposés à la pollution, des solutions pour travailler à distance seront mises en place, regroupant des gens du même immeuble ou du même quartier dans un même bureau. IBM expérimente déjà de telles solutions, qui permettent de limiter le temps passé dans les transports pour ses salariés. Les usines se tourneront les ressources locales - déchets, biomasse, soleil, vent – pour s’approvisionner en énergie et en matières premières.

BeCitizen propose des solutions aux entreprises. Dans votre travail, percevez-vous une volonté de changement de la part des décideurs ?
Ce qui est sur est que les entreprises comprennent très bien qu’il faut chercher des solutions pour réduire leurs dépenses énergétiques. La hausse du prix du pétrole et des matières premières en général est très préoccupante pour leur marge. Une entreprise doit survivre dans un monde compétitif et son souci est de passer la fin de l’année. C’est le directeur financier que nous allons voir, pas seulement le directeur développement durable ! Il n’y a pas d’autre solution si on ne veut pas tomber dans une crise économique pire que celle de 1930, lorsque les gens se jetaient des fenêtres…

Comment être confiants dans l’avenir ?

Je pense qu’il faut revenir à un certain enthousiasme, ce qui est souvent perçu comme naïveté en France. Aux Etats-Unis, en Chine et en Inde, on retrouve ce sentiment, ils vont très vite. La Californie est en train de se redéfinir fortement autour des énergies renouvelables. En Chine, on construit près de Shanghai une première éco-ville de 500 000 habitants. C’est un test, un test à l’échelle chinoise… En France, on est plus occupés à trouver des obstacles. Par exemple, lorsqu’on parle de biocarburants à base d’algues, en France on dit « ce n’est pas possible », alors que des sociétés aux Etats-Unis et en Australie investissent dans cette technique. Ils auront peut-être tort, mais ils essayent. Changer n’est pas facile, je pense que les Français commenceront à être plus optimistes lorsqu’ils verront des réalisations concrètes. C’est ce qu’on espère voir avec la mise en place des mesures du Grenelle de l’environnement.

Soure : Metro

21 octobre 2007

Plantes energétiques


Quelquefois, en tombant devant une image, on ne sait pas pourquoi mais elle nous scotche totalement... Je suis ainsi tombé en extase quand j'ai trouvé sur ecogeek cette image d' Aleksandar Rodic.

L'artiste de préciser son travail :

"Mon intention était de montrer la beauté des énergies propres, et de présenter cet argument à ceux qui trouvent que les éoliennes dénaturent les paysages. Elles sont au contraire élégantes et donnent un très bel exemple de technologie ayant un impact positif sur l'environnement. La symbiose entre nature et technologie s'illustre parfaitement dans cette petite histoire sur les énergies propres."

Un vrai petit bijou... Heureusement, ça n'est pas dans le cadre d'une pub EDF...bien que ça s'y porterait prêterait bien : 4 petites éoliennes sur un fond de centrale nucléaire...
ps : L'image a remporté le premier prix de l'AWEA conférence (le plus grand salon nord-américain sur l'éolien) à Pittsburgh.

par Neodim publié dans : Arts

21 septembre 2007

La faim, la bagnole, le blé et nous

Message de Fabrice Nicolino

Je suis journaliste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir travaillé pour Politis, Géo, Le Canard Enchaîné, Télérama. Je suis le co-auteur, avec François Veillerette, du livre “ Pesticides, révélations sur un scandale français ” (Fayard, 2007). Si je me permets aujourd’hui de vous adresser ce message, c’est qu’il y a urgence, une urgence absolue.
Je publie le 3 octobre un livre intitulé “ La faim, la bagnole, le blé et nous. ” (Fayard). Son sous-titre est clair : une dénonciation des biocarburants. Je veux vous en parler directement. Vous pouvez certes y voir une banale opération commerciale, mais tel n’est pas le cas.

L’expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. Savez-vous que le quart du maïs américain sert déjà à fabriquer du carburant automobile ? Une telle révolution a des effets en chaîne sur toutes les céréales et plantes alimentaires, dont le cours explose.

Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué.

Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort.

Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nombre de journaliste hélas. En France, je décris un système complexe dont l’un des centres n’est autre que le ministère de l’Écologie de M. Borloo, à travers l’Ademe et un organisme méconnu, Agrice. À quelques semaines du “ Grenelle de l’Environnement ”, cela mérite d’être discuté. Mais je n’oublie pas tous les autres, y compris certains écologistes fort mal inspirés.

Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l'effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. Et en France, leur développement signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mammifères.

Au fait, savez-vous qu’une usine du Havre transformera dès 2008 des animaux en biocarburants ? Et qu’on tente de faire pousser, par génie génétique, des arbres mous, permettant d’extraire leur cellulose, matière première des biocarburants ?

Ce monde est fou, et sans la moindre morale. J’ai fait ce que je pouvais, c’est-à-dire mon job. Pour tenter d’arrêter cette insupportable machine, j’en appelle solennellement à vous. Agissez ! Agissons ensemble.

Fabrice Nicolino, le 1 septembre 2007

http://www.liberterre.fr/actualiterres/nicolino.html
http://terresacree.org/bagnoles.htm

24 juin 2007

RechargeIT : Google déclare la guerre aux énergies polluantes

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

Gageons que si vous connaissez tous Google.com, le moteur de recherche omniprésent sur nos ordinateurs, vous n'avez jamais entendu parler de Google.org, la branche philanthropique de l'entreprise, engagée dans différents programmes environnementaux. Et pourtant, elle pourrait faire changer notre façon de voir le monde.

Alors que la firme de Mountain View vient d'officialiser son réseau de production d'énergie à base de panneaux solaires, son bouillant directeur annonce un plan qui devrait lui permettre d'obtenir un "bilan carbone neutre" d'ici la fin de cette année. Les moyens dont il a décidé de se doter comprennent une optimisation poussée comme jamais auparavant du très grand nombre (inconnu…) de terminaux qui entreposent et gèrent l'ensemble des données sur la planète, mais surtout la généralisation de l'utilisation de cette énergie solaire, et même au-delà des limites de l'entreprise.

Mais si les capteurs qui viennent d'entrer en fonctionnement assurent une fourniture de 1,66 MW, assurant 30 % de la consommation du gigantesque campus industriel, ce réseau sera étendu à l'horizon 2012 jusqu'à 50 MW, soit la consommation moyenne de 50.000 foyers.

Une nouvelle orientation

Mais Google n'entend pas rester isolé avec son projet, qu'il ambitionne d'étendre à l'échelle planétaire avec la même efficacité dont a fait preuve son moteur de recherche lorsqu'il a conquis pacifiquement l'ensemble du réseau internet et la totalité des ordinateurs qui y sont reliés. L'entreprise entend en effet investir une bonne partie de la gigantesque fortune qu'elle a accumulée dans le développement de solutions qui ne seront pas cantonnées au seul aspect "business", comme le développement des voitures hybrides que ses fondateurs estiment trop lent et soumis à l'influence réductrice de l'industrie pétrolière. Google est ainsi fondatrice de l'initiative RechargeIT, un plan ambitieux doté d'un fond de 1 million de dollars pour commencer, et qui servira à promouvoir l'utilisation de véhicules hybrides ou électriques, et qui fait déjà l'objet d'un accord avec la société Rent-a-Car.

Mais surtout, et c'est là que les intentions du géant informatique deviennent réellement novatrices, Google étudie l'utilisation d'un courant d'électricité bi-directionnel entre les véhicules et une grille électrique. "La technologie des énergies propres peut faire évoluer de manière conséquente la façon dont nous fabriquons et utilisons l'énergie pour nos voitures et nos maisons, en faisant fonctionner les voitures avec une grille électrique alimentée par l'énergie solaire ou d'autres sources d'énergie renouvelables. Cette approche peut quadrupler l'efficience totale des voitures sur les routes aujourd'hui", déclare le Dr. Larry Brilliant, directeur exécutif de Google.org.

L'idée de base du système repose sur la recharge des batteries des véhicules durant la nuit, lorsque le prix de l'énergie est au plus bas et la demande la moins forte. Ensuite, l'énergie inutilisée de ces mêmes véhicules pourrait être automatiquement réinjectée dans le réseau via des capteurs durant les heures de pointe, et ainsi aider à franchir les pics de production d'énergie qui contraignent souvent les centrales à augmenter leur production, ainsi que la pollution inévitablement associée. Le plan prévoit aussi que le prix de cette énergie "revendue" pourrait être soustrait de la facture totale, ce qui constituerait un incitant à plus d'économie en matière de transports.

Investissements et subventions ne sont pas négligés

Notons que l'initiative RechargeIT ne se cantonne pas à l'étude et à la recherche, mais fait aussi équipe avec PG&E (Pacific Gas & Electric) et inclut de nombreuses subventions pour assurer le développement de prototypes et leur commercialisation.

A la date actuelle, ce sont environ 900.000 dollars qui ont été versés comme subsides à diverses firmes pour la promotion des voitures hybrides, tant au titre de l'investissement dans la recherche que pour l'information du public, mais Google annonce aussi le versement de 10 millions de dollars en appel d'offres pour la commercialisation proprement dite de moyens de transports utilisant des énergies alternatives réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Alors, les constructeurs automobiles ont-ils du souci à se faire ? Probablement, car c'est toujours lorsque la situation semble le plus sous contrôle et vous endort par excès de confiance qu'elle vous échappe subitement des mains et que vous vous voyez soudain dépassé par un concurrent dont vous ne soupçonniez même pas l'existence.