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26 novembre 2008

CHOMSKY & Cie by Daniel MERMET et Olivier AZAM


Chomsky
envoyé par oliaza

Daniel Mermet, animateur sur France Inter de l'émission « Las-bas si j'y suis », sort aujourd’hui en salles la version cinéma de son film Chomsky & Cie, coréalisé avec Olivier Azam


  Professeur au MIT et immense figure de la linguistique contemporaine, Noam Chomsky est ainsi un citoyen infatigable, attaché à démasquer les mensonges et les secrets de la politique étrangère Américaine, ainsi que  le rôle des médias dans ce qu’il dénonce comme une immense manipulation de l'opinion. Un spectateur engagé, donc, un analyste pointilleux des maux de la société, aussi, qu’il passe depuis plus d’un demi-siècle au microscope.

Lors d’un voyage aux Etats-Unis, en 2006, Daniel Mermet était accompagné d’Olivier Azam. Ensemble ils ont filmé ce long entretien, dont voici un court extrait, en forme de bande-annonce. C’est grâce à une souscription lancée auprès des auditeurs de Là Bas si j'y suis que ce film a pu voire le jour. D'abord simple témoignage, ces entretiens ont vite pris la forme d’une œuvre et ce  grâce au succès de cette souscription inespérée.

Chomsky & CIE est ainsi le résultat d’une très belle et originale aventure collective

Source : Renaud REVEL

26 septembre 2008

"Soyons désinvolte, n'ayons l'air de rien"

Forever conformiste !

Cela a commencé par mon jeune voisin qui l’arborait décontracté Dimanche matin sur son balcon en lapant son café la main dans le calbut. Ça sentait le pyjama, le cadeau à la con d’un vieux cousin qui revenait de là-bas. Puis, dans l’après-midi, Boulevard St-Germain, j’en ai croisé un autre, cette fois porté par une belle plante brune de vingt ans à peine. Son allure assez sophistiquée me permettait d'affirmer que, sur elle, ce tee-shirt n’était pas un accident mais une revendication. Etrange coïncidence tout de même...

C’est à partir de là que j’ai commencé à y faire attention. En 4 jours, dans les rues de Paris, j’en ai compté 16 plus 2 à la télé ! On croyait le rêve détrôné, on pensait le royaume mal barré mais non, il vit toujours.


Je parle de l’objet tendance qui a bercé mon enfance, du truc super ringue que je croyais réservé aux beaufs des eighties qui l'achetaient en catastrophe à la boutique de souvenir de La Guardia au retour de leur voyage groupé à Orlando avec le comité d’entreprise, je parle de ce nec plus ultime de la mode Gucci-Monoprix qui va désormais si bien avec les Converses* de leurs mômes qui, les bienheureux, n’ont pas connu les années quatre vingt. Je parle bien sur du tee-shirt à gros cœur sur fond blanc : "I love New York" !
Moi aussi j’aime New-York. J’aime également La Rochelle, Les basses Vosges, la campagne et le cassoulet mais de la à le revendiquer bien en évidence sur une pièce de tissu fabriquée par un enfant du 6 ans exploité dans une usine au fond du Jiangsu, revendue 19 euros (la pièce de tissu pas l'enfant) au supermarché pseudo-branchouille du coin pour un jeune con qui se la joue "grand voyageur", il y a un monde. Un tee-shirt "Fuck Rolex" ou "Death to Capitalism" pourquoi pas, si les logos sont rigolos. Mais, pensez-vous, avec un tel article porté sur mes super pecs' tendus, j'aurais vite fait de finir au poste ! Tandis qu'un jeune qui porte un tee-shirt "I Love New-York", lui, ne risque rien. Il est tout sauf une menace pour la société !


Sur le fond, quelle conformiste déclaration d’amour envers la ville noyau qui a tourneboulé l’occident, la Babylone du pognon fou, la ville où tout est possible mais où ça prendra 50 ans de moins pour celui qui a les dollars, la mégalopole qui fait mouiller notre président!


A moins que je sois un vieux con (ce qui est bien possible, si j'en crois mes livres) et que je n'ai rien compris, que tout cela ne soit que du second degré, le clin d'œil fashion et plein d'ironie d'une jeunesse particulièrement cynique face au déclin de l'empire.

Oui, cela doit être ça.


Quand même, faut se méfier. Ce matin Rue des Quatre-Vents j'ai vu un môme avec un tee-shirt "I love SF" (San Francisco). J'ai appelé les flics, préventivement. La racaille déviante, vaut mieux la ficher au plus tôt !



P.S : A noter que cela marche aussi avec le sticker de soutien à Barack Obama "Change We need" que l'on retrouve souvent collé aux pare-chocs des 4X4 immatriculés dans le 75. C'est donc tendance à Paris d'afficher son soutien à un candidat pour lequel on ne nous demande pas de choisir alors que pour d'autres échéances électorales plus nationales, bien rares sont ceux qui, tous partis confondus, osent revendiquer sur leurs voitures le camp politique pour lequel ils vont voter.
(ci-dessus, un illustration du matériel publicitaire de l'homme politique français le plus populaire.)

* pour les Converses, je vous renvoie à ma vidéo sur le sujet.


Source: Les jours et l'ennui de Seb MUSSET