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03 juillet 2009

Jean Montaldo dézingue les bandits de la finance

Habitué des dénonciations polémiques et des ventes records, l'écrivain-enquêteur Jean Montaldo revient en force avec un livre, sorti le 25 juin, qui claque comme une nouvelle attaque en règle: une "Lettre ouverte aux bandits de la finance" (Albin Michel) qui a des allures de fessée magistrale et de plongée dans les antres malodorantes du capitalisme financier.  



La suite en détail sur Agoravox 

09 mars 2009

Pink ne veut pas être amie avec des couturiers utilisateurs de fourrure

PARIS, 9 mars 2009 (AFP) - La chanteuse américaine Pink, connue aussi comme militante des droits des animaux, a déclaré, lundi à Paris, qu'elle "n'a pas envie de devenir amie" avec des couturiers et des stylistes qui utilisent des fourrures dans leurs collections.

"Tuer des animaux pour leur peau est tellement dégoûtant que ça ne me donne pas envie d'être amie avec les couturiers qui le font", a dit la chanteuse, membre de la PeTA, fondation américaine pour la protection des animaux, qui venait d'assister au défilé à Paris de Stella McCartney, elle-même très engagée contre l'utilisation de fourrure dans la mode. "Stella prouve que l'on peut faire des vêtements magnifiques sans tuer des animaux", a ajouté Pink qui devait donner un concert dans la soirée à Bercy.

Pink prête sa voix à la nouvelle campagne internationale de la PeTA sous forme d'un spot mettant en scène un alligator et un lapin dépecés et sanguinolents qui demandent qu'on leur restitue leurs "peaux volées".

Le film de 20 secondes s'achève sur le nouveau slogan de la PeTA: "Toutes les peaux exotiques et les fourrures sont un vol".

Samedi soir, à l'issue du défilé Jean-Paul Gaultier, une cinquantaine de militants de la PeTA ont dénoncé l'utilisation de la fourrure par le couturier français aux cris de "fourrure, torture, Gaultier assassin".

"Franchement, je m'en contrefous. Je continue à faire de la fourrure. J'adore faire la fourrure. Que les militants essaient de voir plutôt les fabricants pour essayer de trouver des solutions!", a déclaré à l'AFP le couturier qui a été plusieurs fois la cible des militants de la PeTA.

17 janvier 2009

L'homme qui en savait trop, très tôt, sur l'affaire MADOFF

Qui est Harry Markopolos ? Ce pourrait être le titre d'un film de Hitchcock, c'est plus prosaïquement la question que se posent aujourd'hui les plus grands spécialistes de la finance. Comment cet expert en produits dérivés a-t-il réussi, il y a un peu plus de trois ans, à percer le mystère du vaste système de fraude mis au point par Bernard Madoff ? Et pourquoi son avertissement, sous la forme d'un rapport de 19 pages remis à la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine le 7 novembre 2005, n'a-t-il été suivi d'aucun effet ?

Depuis la révélation de ce document aussi explosif que fascinant par le Wall Street Journal (daté 18 décembre 2008), chacun cherche à comprendre. Le titre même du rapport aurait dû suffire : "The World's Largest Hedge Fund is a Fraud". Impossible d'être plus explicite. La suite l'était tout autant. On y apprend d'emblée que M. Markopolos n'en est pas à sa première mise en garde : en mai 1999, il avait déjà averti les services de la SEC de Boston. Aucune suite. Alors il insiste, fournit des détails, démontre. Le fonds Madoff ? Rien moins, écrivait-il, que"le plus grand fonds spéculatif du monde, avec des actifs sous gestion compris entre au moins 20 milliards et peut-être 50 milliards de dollars".

Tout y est, de la liste nominative des rabatteurs de l'escroc au risque de débâcle potentiel lié à l'effondrement du "schéma de Ponzi le plus important du monde". C'est à Wall Street et en Europe que cette fraude fera le plus de dégâts, prévient-il, ajoutant que les principaux investisseurs de ce système sont des "banques privées françaises et suisses". Markopolos avait visiblement peur de ce qu'il avait découvert. "Je crains pour ma sécurité et celle de ma famille", indiquait-il à la SEC, la priant de respecter de strictes mesures de confidentialité. De fait, publiquement tout au moins, personne n'entendra parler de ce rapport jusqu'au 18 décembre 2008. Pour ce "Contrepoint", il nous a d'ailleurs été impossible d'obtenir le droit de publier la seule photo disponible sur Internet de M. Markopolos.

Alors bien sûr l'on dira qu'il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. On se souvient en particulier de ce qui est arrivé à l'économiste américain Nouriel Roubini qui, deux ans avant le déclenchement de la crise, avait fait, lors d'une conférence au Fonds monétaire international (FMI), le récit de cette catastrophe annoncée. Après son discours, sous les rires de la salle, le modérateur avait eu ce seul commentaire : "Peut-être qu'après cela, il nous faudra un petit remontant."

A la différence de Nouriel Roubini, M. Markopolos n'appartient pas à la catégorie des Cassandre. Sa méthode repose exclusivement sur la rigueur mathématique et une exceptionnelle obstination. Reste à comprendre pourquoi, dans un monde où pullulent les mathématiciens les plus astucieux, il fut le seul à découvrir le pot-aux-roses. Et, pourquoi, alors qu'il avait solennellement donné l'alerte, les gendarmes de Wall Street ont-ils scrupuleusement ignoré ce qui apparaît comme la plus grande escroquerie financière de tous les temps ? On en saura sans doute un peu plus dans quelques jours lorsque Harry Markopolos sera auditionné par une commission d'enquête du Congrès. Quant à l'enquête policière, elle sera à coup sûr l'un des feuilletons les plus explosifs de la première année du mandat de Barack Obama.

Source : Le Monde & François ;-)

24 octobre 2008

La "crise bancaire" au quotidien...

 

C'est bien connu: le malheur des uns... fait le bonheur des autres. Là, j'avoue que cette pub est bien faite, et que j'ai souri, à défaut d'avoir rigolé ;-)

Source: E., du Crédit Mutuel... Ca ne s'invente pas !

01 octobre 2008

Crise bancaire et nouvel an juif

(...) La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que le rejet du plan "ne peut rester en l'état". "Il faut aller de l'avant", a-t-elle dit devant la presse. Un nouveau scrutin éventuel ne devait en tout état de cause pas intervenir avant jeudi, le Congrès étant théoriquement fermé mardi et mercredi pour cause de Nouvel an juif. (...) Source: Boursorama

Si on a le temps de fêter le nouvel an, alors qu'il y a le feu à la cave, c'est que ça ne doit pas être bien urgent... J'ai du mal à comprendre que l'on puisse faire passer une fête religieuse avant l'intérêt national, voire mondial.

09 juin 2008

Le complexe du larbin

Par Agnès Maillard le vendredi 6 juin 2008, 11:15

La cupidité de quelques uns se nourrit forcément des renoncements de tous les autres.

On ne devrait jamais accepter de bosser pour des clous. Jamais.

Parce que, déjà, ça ne permet pas de vivre.
Et aussi parce que cela te coince pour longtemps dans la case des larves sans amour propre que l'on peut molester à loisir pour trois baffes, une poignée de cacahouètes et un grand coup de pied dans les couilles.

Grouillot un jour, grouillot toujours.

J'ai quitté la fac à l'automne 1996, avec un DEA en Sciences Sociales que j'avais arraché de haute lutte à une trajectoire de gosse d'employés. J'aurais dû me précipiter pour valoriser mon bout de papier, toute gonflée d'orgueil, mais voilà, en fac, on n'apprend pas la vie et quand on vient d'un milieu modeste, on a un regard extrêmement naïf sur la réalité du marigot qui nous tient lieu de société.

À l'époque je pensais qu'il fallait faire ses preuves et que le mieux, c'est encore de ne pas se la péter et de savoir partir du bas, avec humilité et courage, pour se tracer à la force du poignet une belle trajectoire hyperbolique dans le monde du travail. J'ai donc pris un job d'enquêtrice à la SOFRES, d'abord pour bouffer, ensuite pour apprendre et progresser en interne, grâce à mes multiples talents qui exploseraient à la vue de tous comme un brillant feu d'artifice et m'auréoleraient de gloire lors de mon ascension sociale.
En tout cas, c'est ce que je croyais avec cette touchante niaiserie dont on fait les victimes de notre époque.

En fait d'apprentissage de la vie, je me suis retrouvée dans un immense open space bruyant, enchaînée à un ordinateur tournant sous DOS où s'affichaient sans fin des séries de questions plus ou moins stupides que je devais infliger sans une once d'esprit critique à des personnes que je harcelais littéralement au téléphone. À chaque bout de travée trônait un superviseur, incarnation éructante de l'ascension salariale dans cette boîte, coincé sous son plafond de verre et dont le job consistait essentiellement à traquer le moindre relâchement de cadence de son troupeau de bigophoneurs, à motiver à la schlague et à distribuer des quotas journaliers inatteignables pour encore mieux presser le citron.
Comme les rémunérations étaient au plancher (voire même à la cave, grâce à la règle des temps de passations taillés aussi larges qu'un t-shirt taille 12 ans sur Pamela Anderson), chacun d'entre nous était un crevard savamment entretenu, toujours prêt à dire oui pour du taff en soirée, le week-end ou les jours fériés, avec une nette préférence pour le premier mai, le jour qui compte double, comme au Scrabble. Cravacher plus pour surnager quelques jours de plus, ce n'est donc pas un concept très très nouveau...

Après huit mois à ce régime roboratif, j'appris deux choses qui achevèrent de me couper les jarrets.
La première, c'est que la direction de la SOFRES avait demandé au chef de la cantoche d'entreprise, où nous étions royalement nourris à 50% du prix par notre société bien-aimée, de bien vouloir nous servir des rations plus petites qu'aux autres convives, afin de garder intacte notre gniak toute la journée, tant il est vrai qu'un estomac bien rempli invite à la somnolence tandis qu'une faim légère et persistante est un excellent aiguillon à crevards.
La seconde, c'est que le recrutement interne des chargés d'études avait été abandonné, parce que les chargés d'études qui venaient du Front Office avaient trop tendance à sympatiser avec les vacataires dont ils étaient les collègues quelques temps plus tôt et avaient donc des remords à leur appliquer des temps de passation irréalistes qui les maintiendraient durablement à une rémunération sous le SMIC.

Ainsi donc, il ne saurait y avoir de grouillots qui se hissent jusqu'à l'Olympe des CDI de la boite, de la même manière qu'il convient de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

La première impression est toujours la meilleure.

Quand on arrive dans une boite, tout se joue les premiers jours, voire même lors de l'entretien d'embauche et la signature du contrat. Selon que l'on rentre comme emploi jeune subventionné au taquet ou amené sur un plateau par un chasseur de têtes, tout le destin dans l'entreprise est déjà grandement joué, indépendamment du niveau de formation, des compétences, de la capacité de travail et des résultats antérieurs et à venir. Celui qui accepte un salaire au plancher au démarrage avec la vague perspective d'une augmentation au résultat montre dès le départ qu'il est prêt à cravacher comme un malade pour le salaire de la femme de ménage. Est-ce bien nécessaire alors de le payer plus? Tant qu'il dure et qu'il tire la langue en espérant des jours meilleurs, pourquoi diable le récompenser d'autres choses que de bonnes paroles et de vagues promesses? D'ailleurs, quelqu'un qui a si peu conscience de sa propre valeur, si peu d'amour propre vaut-il réellement quelque chose? Ne lui manque-t-il pas le petit plus qui atteste qu'il appartient à la race des seigneurs?

C'est ainsi que l'on finit par comprendre que plus on démarre bas dans une boîte et plus espacés sont les barreaux de l'échelle qui permet d'accéder aux terrasses ensoleillées. Pour atteindre le sommet, rien ne vaut un bel atterrissage en parachute.
Et puis, ça évite de frayer avec le commun des mortels, celui-là même qu'on se propose de mettre en coupe réglée pour la plus grande gloire des étages supérieurs.

Les chaînes que l'on se pose sur le cou sont celles qui pèsent le plus lourdement sur l'échine.

Parce que je végétais sans perspective dans un chômage poisseux et interminable, parce que malgré plusieurs expériences significatives dans le monde du travail, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que plus on fait démonstration de sa bonne volonté et de ses capacités de travail, plus on a de chances de décrocher la timbale, j'avais donc fini par accepter de journaler assidûment dans le bled pour un demi RMI par mois de remboursements de frais de déplacement. Comme je l'ai déjà raconté ici, après 3 ans de bons et loyaux services, non seulement je n'ai pas décroché le moindre boulot que ce soit grâce cette activité de forçat, mais en plus le journal qui m'exploitait a fini par décider qu'une poignée d'euros balancée comme du maïs aux poules, c'était encore trop payé, et que du coup, on nous proposait de continuer, mais à l'œil. J'ai donc claqué la porte en beuglant qu'il ne faut pas se foutre de la gueule des gens et que les dirigeants n'avaient qu'à faire le boulot eux-mêmes à ce prix-là.

Et devinez quoi?

Rien.

Je suis la seule à être partie.

Les autres ont accepté de continuer à travailler pour rien.

N'est-ce pas extraordinaire? On peut arrêter de faire semblant de payer les gens, ils ont tellement une mentalités de robots qu'ils continuent quand même de trimer.

Franchement, à ce compte-là, les chefs d'entreprise auraient tord de se priver.
Serrez-leur le kiki, ils continueront à générer des profits, toujours plus de profits.

Démontez-leur la Sécu, ratiboisez-leur les retraites, flinguez-leur le système social, ils en redemanderont et applaudiront aux baisses d'impôts sur la fortune.

Nous vivons réellement une époque formidable. Dites-leur qu'ils vont perdre leur boulot de merde et ils accepteront sans moufter de travailler plus en gagnant moins, sans même deviner, tant ils sont abrutis de fatigue et de connerie, qu'ils financent par là même, fort généreusement, la énième augmentation de leur encadrement et la délocalisation de leur unité de production.

Qu'est-ce qui pousse donc des hommes et de femmes raisonnablement intelligents à accepter ainsi d'être diminués, exploités, dévalorisés? Parce qu'ils croient encore que la soumission ici et maintenant leur apportera des jours meilleurs dans un hypothétique avenir? Parce qu'ils pensent qu'on a touché le fond et qu'ils finiront par satisfaire la rapacité de leurs exploiteurs? Ou sont-ils justes naïfs comme je l'ai été et que je le suis probablement encore?

Les travailleurs de Chicago, malgré les efforts de leurs organisations, vivaient pour la plupart dans les pires conditions. Beaucoup travaillaient encore quatorze et seize heures par jour, partant au travail dès quatre heures du matin, ne revenant à la maison qu'à sept ou huit heures du soir, même plus tard, de telle sorte qu'ils ne voyaient jamais leurs femmes et leurs enfants à la lumière du jour. Les uns couchaient dans des corridors ou dans des greniers, les autres dans des taudis où trois ou quatre familles s'entassaient. Les sans-logis abondaient; on en voyait ramasser des débris de légumes dans les poubelles, comme les chiens, ou acheter chez le boucher quelques centimes de rognures. D'un autre côté les employeurs avaient, en général, une mentalité de cannibales. Les journaux à leur dévotion écrivaient noir sur blanc que le travailleur devait se guérir de son orgueil et être réduit au rôle de machine humaine." Ils trouvaient que le plomb était "la meilleure nourriture qu'on puisse donner aux grévistes". Le Chicago Times osa écrire : La prison et les travaux forcés est la seule solution possible de la question sociale. Il faut espérer que l'usage en deviendra général.
- 1 mai 1886 Chicago, Increvables anarachistes -

À moins qu'ils ne croient que la lutte des classes, c'est vraiment fini. Ou qu'ils aient oublié les luttes danstesques qu'ont dû mener leurs ancêtres pour construire une vie meilleure pour eux et pour leurs enfants. Ou qu'ils soient réellement devenus des larbins. Ou qu'ils s'épuisent dans les vaines indignations qu'on leur offre sur un plateau pendant que l'on continue à les dépouiller jusqu'à la moindre petite parcelle de dignité!

14 mai 2008

Enquête : le VRAI coût des SMS !

Au premier trimestre 2008, chaque français a envoyé en moyenne 43 textos par mois. C'est six de plus qu'au trimestre précédent, où la moyenne était déjà supérieure de six messages au trimestre d'avant. En un an, le nombre de SMS envoyés a grimpé de près de 40 %. Mais combien les textos rapportent-ils vraiment aux opérateurs ? Numerama a enquêté.

Accrochez-vous.

En cette période de crise nationale du pouvoir d'achat s'ouvre celle de la chasse aux prix. Il faut tirer sur tout ce qui bouge. Prix des tomates au supermarché, coût du loyer, prix du sans plomb à la pompe... tout est trop cher. Mais il est un poste de dépense qui a véritablement explosé dans les foyers ces dix dernières années sans en avoir l'air : les télécommunications. Non seulement chaque famille doit avoir un abonnement à Internet et un abonnement au téléphone fixe (sauf à être en dégroupage total), mais en plus il faut désormais payer des forfaits de téléphonie mobile pour papa, maman, la grande soeur et le petit frère. Fini, le bon vieux téléphone familial de chez France Télécom. Et peu, pourtant, semblent s'interroger sur le prix des télécommunications, et en particulier sur le prix des SMS.

Nous avons donc pris notre plus jolie calculatrice et notre crayon à papier H2 taillé fin pour comprendre quel était vraiment le prix d'un SMS, entre celui qui est facturé à l'usager et celui qui est payé par l'opérateur pour le relayer. Selon nos calculs, les opérateurs réalisent une marge astronomique de plusieurs milliers de pourcents sur chaque SMS envoyé !

Tout d'abord, il faut comprendre ce que pèse un SMS dans l'infrastructure d'un opérateur. Chaque SMS envoyé est composé d'un maximum de 160 caractères, ce qui peut prendre jusqu'à 140 octets par message. Il faut ensuite y ajouter 27 octets d'informations d'entête du message (numéro du service, numéro de l'expéditeur, type de protocole, format d'encodage, date du SMS, etc.). Soit 167 octets au maximum, pour les messages les plus gros. Total qu'il nous faut multiplier par deux, puisqu'il faut envoyer puis recevoir le message : 334 octets. Arrondissons généreusement à 400 octets par message, puisqu'il y a probablement des frames supplémentaires spécifiques pour la communication.

Un méga-octets de bande passante (1.048.576 octets) peut donc véhiculer au minimum 2621 messages de 160 caractères. En France, le prix de base d'un SMS est facturé par les opérateurs environ 10 centimes d'euros (Orange et Bouygues Télécom proposent un forfait de 30 SMS pour 3 euros par mois, et SFR propose 30 SMS à 2,5 euros par mois). Soit environ 262 euros le méga-octets. A titre de comparaison, la NASA estime que la communication entre la Terre et le télescope spatial Hubble lui coûte environ 11 euros le méga-octets... soit 23 fois moins cher.

Mais allons plus loin. Selon les données fournies par l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), les Français auraient envoyé au premier trimestre de cette année 6,7 milliards de SMS. Soit une moyenne de 2,23 milliards de textos par mois traités par les trois opérateurs mobiles, ou 833 messages par seconde. Ce qui représente collectivement 851 694 Mo par mois au maximum (rappelons qu'on se base sur l'hypothèse de messages qui font tous 160 caractères), soit un besoin moyen en bande passante de 2603 kilo-bits par seconde, soit 325 ko/s.

A un prix moyen de 10 centimes le SMS, les trois opérateurs télécoms ont gagné environ 223 millions d'euros de chiffre d'affaires par mois grâce aux textos. Mais combien l'envoie de ces messages leur coûte-t-il ?

C'est évidemment un secret jalousement gardé. Mais on peut se faire une idée de leur marge opérationnelle... en comparant ce qui est comparable. Combien est-ce que coûterait pour un particulier une bande passante mensuelle et bidirectionnelle de 325 ko/s par satellite, nécessaire au traitement de 2,23 milliards de SMS ? Pour se faire une idée, il faut aller voir les offres des FAI par satellite. L'un d'eux, Nordnet, propose une formule de connexion par satellite à 2 Mbps, à débit constant tant que l'on ne dépasse pas 1500 Mo dans le mois. Sachant qu'il nous faut 851.694 Mo par mois, il faudrait louer 567 connexions à 69,90 euros par mois pour traiter le même nombre de SMS que les opérateurs télécoms.

Ce qui fait une note de moins de 40.000 euros par mois, contre plus de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires engrangés par les opérateurs.

Ce qui ramène le coût du SMS à.... 0,000017 euros l'unité... 5882 fois moins cher.

Forcément, on comprend mieux pourquoi l'arrivée de Free comme quatrième opérateur qui peut bousculer la concurrence fait peur aux trois autres... Ce qu'on ne comprend pas en revanche, c'est pourquoi le gouvernement qui prétend lutter pour le pouvoir d'achat vient de repousser le dossier à 2009.

Publié sur Numerama

29 janvier 2008

"Allo, la Société Générale ? Je passe vider mon compte..."

Par Jean MATOUK (Economiste) pour Rue 89

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Société générale, Boulevard Michelet, j’écoute!

Bonjour Mademoiselle, je souhaiterais parler à votre directeur d’agence, Monsieur Durant.

De la part de qui ?

Jean Dubois, de l’entreprise Dubois et Cie.

Ah, bonjour Monsieur Dubois, comment allez vous?

Bien merci

Je vous passe Monsieur Durant.
...

Allo, allo, comment allez vous Monsieur Dubois ?

Bien merci. Je vous téléphone pour vous demander de préparer les soldes de mes comptes en vos livres ; je viendrai les chercher , en liquide, cet après midi.

Le solde de tous vos comptes !? Mais … puis-je savoir pourquoi ?

Monsieur Durant, j’ai les plus grandes craintes sur la solidité de la Société générale. Je crains que comme pour cette banque anglaise, dont j’ai oublié le nom…..

Ah, la Northern Rock !!!!...

C’est ça! Donc j’ai peur qu’une panique saisisse vos clients et qu’il devienne plus difficile sinon impossible de récupérer mes fonds.

Mais enfin, Monsieur Dubois,vous plaisantez, la Société générale est solide. Notre bilan, nos fonds propres…

Justement Monsieur Durant, je viens d’apprendre que vos dirigeants cherchaient une recapitalisation de 5 milliards€ , égale à la perte que l’on impute au jeune trader, Jérôme machin…

Mais , Monsieur Dubois, n’importe quel entreprise peut –être victime d’un accident, d’un aléa. Comme l’a dit notre Président, nous avons été victimes d’un spécialiste extrêmement fort en informatique qui a bénéficié de circonstances exceptionnelles … Nous n’aurons aucun mal à trouver ces fonds propres . Nos comptes sont audités par KKTR, deuxième agence d’audit mondiale et au dessus de tout soupçon. Nous sommes toujours noté AAA par l’Agence Goody’s.

Je connais ce discours , Monsieur Durant , mais que voulez vous, ma confiance est ébranlée, comme la votre l’était l’été , il y a trois ans.

Il y a trois ans ? Ma confiance ? Mais qu’est ce que vous voulez dire ?

Vous ne vous souvenez pas? J'étais en vacances dans ma petite maison de Bretagne ou je vais toujours au milieu d’août, quand les affaires me laissent un moment de répit entre le commercial , les achats, les questions de personnel…

Oui ! Je sais que vous partez en août, et alors?

Vous qui étiez partis un mois en juillet, m’avez appelé sur mon portable . Mon plafond d’escompte de 100.000€ était atteint, et le découvert dépassait de 3000€ , l’autorisation de 10.000 que vous m’aviez octroyée comme une faveur exceptionnelle deux ans auparavant. Je vous ai bien expliqué mes deux aléas, mes deux accidents : un de mes clients important, avait demandé un report d’échéance d’un mois suite à un incendie et un autre avait fait faillite alors qu’il me devait 5.000€ , ce qui expliquait à la fois le remplissage de mon escompte et le petit découvert . Rien à faire, vous m’avez donné huit jours pour "rentrer dans les clous" comme vous m’avez dit.

Vraiment? Je ne me souviens plus…

Si ! Si, j’ai du revenir, vous donner en hypothèque ma maison de vacances en Bretagne, alors que vous aviez déjà ma résidence principale, et , ayant découvert que ma femme et moi étions mariés sous le régime de la séparation de biens vous avez exigé sa caution solidaire pour élargir temporairement le découvert à 15.000€

Ah , oui , cher Monsieur Dubois, maintenant que vous le dites...

Et vous vous souvenez des justifications que vous avez données pour cet ultimatum ?

Euh !! non .. pas vraiment.

Mais si, mais si Monsieur Durant! Vous ne vouliez pas avoir d’ennui avec l’Inspection de la "Générale", qui disiez vous, est considérée comme la meilleure de la place; vous me disiez que vos lignes d’escompte et de découvert était étroitement surveillées, comme tous les autres risques de la banque ! Que l’informatique très performante de l’établissement repérerait tout de suite mes dérapages...

Mais Monsieur Dubois, vos fonds propres …

Mon capital est de 40.000€ monsieur Durant, et mes fonds propres pouvaient donc largement absorber une perte de 10.000€ ou 15.000€. Mais vous avez quand même exigé les garanties supplémentaires. Vous avez ajouté qu’en tout état de cause il m’appartenait de mieux contrôler les paiements de mes clients, de mieux les sélectionner, bref de mieux gérer, que la Générale ne pouvait se permettre de laisser les découverts déraper, que si un million de clients faisaient comme moi , la Société générale aurait à provisionner 3 milliards € , ce qui entamerait la confiance dans la banque.

……….

Alors, vous comprenez, Monsieur durant, devant une perte de 5 milliards, sur un seul trader, et tant que je ne sais pas si d’autres pertes ne vont pas être révélées , ni si la Société générale va être recapitalisée, c’est au tour de ma confiance d’être ébranlée . Je dois être prudent, autant pour mon entreprise, que pour ma famille.
Préparez moi ces sommes pour cet après midi.